Climat et paysage en évolution
«Phoque a eu la terre pour Corbeau
Parfois des arbres, parfois
des barres de sable, parfois du bois flotté. Peu après il a tout
apporté.»
- La création du monde par le Corbeau, tel que raconté par Louise
Profeit-Leblanc
Les changements climatiques ont façonné le paysage de la Béringie.
Le climat a transformé le paysage de la Béringie à plusieurs reprises au cours de la dernière période glaciaire, déterminant ainsi quels animaux et plantes survivraient. Pendant les périodes plus froides, les glaciers ont pour ainsi dire récuré les terres entourant la Béringie et influencé les courants aériens et les conditions atmosphériques. Pendant les périodes plus chaudes, une plus grande abondance de nuages, de pluie et de neige a modifié les sols et le réseau hydrographique.
Les animaux survivaient là où poussait leur nourriture.
Des restes fossilisés d'arbres (épinettes, bouleaux et peupliers) ont été retrouvés au-delà de la limite nordique actuelle de leurs aires de répartition respectives, ce qui signifie qu'il y a eu dans le passé des périodes où le climat était plus chaud et humide. Pendant les périodes froides et sèches de l'ère glaciaire, les épinettes et probablement aussi les bouleaux étaient absents de grandes parties de la Béringie, mais avaient réussi à survivre au-delà des nappes glaciaires. Le mastodonte, qui dépendait des arbustes pour survivre, était alors rare en Béringie.

Au fil des ans, les incendies créent une mosaïque de types de végétation,
fournissant ainsi divers habitats à une variété d'animaux.
Sud-est du Yukon. Photo : Sue Kemmet
Des plantes et des animaux se sont adaptés aux changements climatiques, d'autres pas.
Les inondations qui ont suivi la période glaciaire ont provoqué des changements géographiques soudains et catastrophiques. D'autres changements plus graduels ont permis aux plantes et aux animaux de s'adapter. La hausse actuelle des températures à l'échelle planétaire, en particulier dans le Nord, continue de modifier le paysage. Dans certaines régions, la côte arctique ne s'est jamais érodée aussi rapidement de mémoire d'homme. Le pergélisol fond et la limite nordique des arbres s'est déplacée vers le nord au cours des 50 dernières années.
  

Gauche : L'affaissement du pergélisol érode la côte de la
mer de Beaufort. Le dégel du pergélisol progresse vers le haut
des pentes, car l'eau de fonte et les débris qu'elle transporte s'écoulent
vers le bas, exposant continuellement une plus grande surface de pergélisol.
Photo : Greg Brooks, Ressources naturelles Canada, Commission géologique
du Canada.
Droite : Faille en bloc le long de la côte de la mer de Beaufort. La mer
de Beaufort sape la base des falaises, provoquant la chute dans la mer d'immenses
blocs de terrain. Photo : S. R. Dallimore, Ressources naturelles Canada, Commission
géologique du Canada.
Le climat de la planète change. Notre société pourra-t-elle s'y adapter? Comment pouvons-nous réduire l'importance de ce changement?